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Bonnes graisses, mauvaises graisses : quels messages donner aux patients ?

Article écrit avec la collaboration du Dr Puyraimond-Zemmour, Hôpital Bichat, AP-HP, Paris

PS : les auteurs n’ont pas de lien d’intérêt en rapport avec cet article

La question des lipides dans l’alimentation est compliquée, d’autant plus lorsqu’elle se pose lors d’une consultation. Que conseiller à un patient qui souhaite optimiser ses apports en lipides ?

Les publications de l’ANSES, (ANC 2010 et références nutritionnelles 2016) donnent des repères mais les messages pratiques qui en découlent ne sont pas évidents. En particulier, avec ces textes, la recommandation concernant les acides gras saturés s’est complexifiée et les industriels n’ont pas tardé à réhabiliter le beurre et à valoriser le fromage comme aliment à favoriser pour une meilleure santé.

Voici une vidéo issue de PuMS, la chaine youtube santé  (Université de Paris, en partenariat avec l’AP-HP). N’hésitez pas à la partager avec vos patients…

 

Bien évidemment, en nutrition, sauf cas particuliers (allergies…), rien n’est à interdire. Mais face à un patient qui recherche des conseils simples pour une bonne hygiène alimentaire, il est raisonnable de fournir les 4 messages simples suivants au sujet des lipides et des matières grasses.

  1. Réduire les apports en acides gras saturés au profit des insaturés. Ce conseil, formulé ainsi, s’applique aux patients qui sont en mesure de lire les étiquettes nutritionnelles. La distinction auprès de nos patients entre les acides gras à chaîne courte (qui n’ont pas d’effet hypocholestérolémiant) et les acides gras à chaîne moyenne est, dans notre expérience, inadaptée à une éducation qui vise à délivrer des messages pratiques immédiatement applicables.
  2. Cela se traduit par la limitation des graisses animales, notamment le beurre et produits laitiers gras, les viandes grasses mais aussi les produits industriels incluant de l’huile de palme. Certains mettront en avant l’apport de vitamine E, D et A par le beurre pour encourager sa consommation… Toutefois, pour que ces apports soient significatifs, des quantités de beurre très importante devraient être proposées. L’effet hypercholestérolémiant du beurre est démontré, y compris dans des essais cliniques financés par l’industrie laitière. Certains affirmeront que l’augmentation du cholestérol sanguin n’est pas délétère…C’est une toute autre discussion et une opinion qui n’est pas conforme aux recommandations d’experts du monde entier.  Le seul intérêt du beurre, c’est donc le plaisir qu’il procure, et cela justifie de tolérer sa consommation chez un amateur.
  3. L’huile de noix de coco, à la mode depuis quelques années ne fait pas exception au principe de limiter les matières grasses riches en graisses saturées. Son impact hypercholestérolémiant est bien établi et son intérêt médical vanté un peu partout n’a jamais été démontré cliniquement.
  4. Concernant le fromage et les autres produits laitiers gras, on peut toutefois coonsidérer que l’apport protéique et calcique donne à ces aliments un intérêt nutritionnel particulier. Dans notre pratique, nous considérone qu’une part de 30g/j de fromage (quel qu’il soit) peut faire partie d’une alimentation équilibrée, même en cas d’ hypercholestérolémie. Il n’y a toutefois pas de justification médicale à recommander à nos patients d’en consommer.

 

Dr Boris Hansel

Dr Boris Hansel

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